Remaniement ministériel de faible envergure : une suite logique

Le gouvernement Fillon n’a été que légèrement modifié : les ministres détenteurs de portes-feuilles importants ont ainsi été maintenus et confortés. En réalité, le nouveau gouvernement Fillon ne pouvait pas être modifié outre mesure. Un trop voyant jeu de chaises musicales aurait été interprété comme une reconnaissance de ce que Pierre Moscovici a très justement nommé une « branlée ».

Or, s’il est une chose que l’on ne peut dénier à Nicolas Sarkozy, c’est bien son sens politique aigu. Et c’est cette intuition qui lui intime l’ordre de ne pas couper des têtes prématurément. Il se devait de faire illusion en ne procédant pas à un large remaniement qui aurait semblé être un mea culpa car il est conscient du fait que l’affaiblissement de son gouvernement relance la probabilité d’un « troisième tour social ». Le risque face auquel se trouve Nicolas Sarkozy n’est pas négligeable, il pourrait tout simplement voir son quinquennat se « chiraquiser ». Résumer la défaite à un défaut de pédagogie ou au fait que les réformes ne pourront donner leurs fruits qu’à long terme étaient bien les seules solutions qui s’offraient à lui.

Les syndicats et plus généralement les Français échaudés par les échecs du gouvernement sur le pouvoir d’achat et ragaillardis par la défaite de la droite aux municipales ne manqueront pas, dans les mois qui viennent, de manifester leur désaccord face à une nouvelle mesure perçue comme injuste (du type réforme des régimes spéciaux ou paquet fiscal). Car, la large victoire de Mai 2007 et les premiers mois de “l’état de grâce” sont loin derrière nous et le pouvoir en impose moins aujourd’hui qu’il y a trois mois. C’est à la lumière de ces données là qu’il faut comprendre ce retour aux fidèles de la première heure (Morano et Jégo). Les appels désespérés de la droite à « l’accélération des réformes » pour reprendre l’expression d’Etienne Mougeotte à la une du Figaro daté du lundi 17 Mars ne sont que l’expression de l’inquiétude de ceux, qui portés par les triomphes de 2007, pensaient la volonté présidentielle de réforme inaltérable et sa popularité intouchable.

Une chose est sûre, cette défaite de la droite n’est en rien l’assurance de nouvelles victoires pour la gauche (souvenons nous des régionales de 2004). Elle est surtout porteuse d’un risque : la transformation d’un pouvoir qui fonctionnait par effets d’annonce et réformes à moitié abouties en un pouvoir gestionnaire se contentant de préparer frileusement les prochaines échéances électorales.

1 Réponse vers “Remaniement ministériel de faible envergure : une suite logique”


  1. 1 pitou mars 19, 2008 à 6:55

    Peut-être cela ira-t-il plus loin lors des européennes…
    En tout cas c assez fou de voir Morano secrétaire d’Etat alors qu’elle a perdu aux municipales quand Jupé avait dû quitter le gouvernement après une défaite aux législatives…


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